INFOS FO

, par Rozier Serge

1) Actualités

La concertation est la consultation des parties intéressées avant toute prise de décisions. Est-ce véritablement le terme adapté au processus engagé par le gouvernement pour la réforme des retraites ? Il est permis d’en douter. En effet, les « signaux » donnés par le Président de la République et le gouvernement, pour le moins contradictoires, militent pour des décisions à défaut d’être officielles sont déjà prises. Le premier signe est celui donné après les élections régionales. En effet si le message des électeurs a été entendu, il n’a pas été écouté, car entre entendre et mettre à exécution il y a un grand pas qui n’a pas été franchi. Le deuxième signe négatif a été donné par le Président de la république où il a déclaré que sur la réforme des retraites, primordiale à ses yeux, il n’entendait pas passer en force mais limité à un temps très court les discussions et souligné qu’en mai ou juin prochain les décisions seront prises. Dans le même temps, ce que certains dans les sphères dirigeantes et patronales appellent pudiquement pistes de réflexions, sont martelées pour tenter de convaincre l’opinion que du fait du vieillissement il est nécessaire de travailler plus longtemps et pourquoi pas jusqu’à 67 ans comme nos voisins allemands. Autre élément de décors si l’on peut parler ainsi est le rapport « définitif » que doit rendre cette semaine le conseil d’orientation des retraites (COR). Dans son rapport de janvier dernier, le COR avait déjà, à la demande du Parlement manifesté un intérêt pour un système par capitalisation au détriment de celui actuel par répartition. En contrepoids tactique à ces sombres perspectives l’idée de faire contribuer les hauts revenus par une taxe spécifique a aussi été avancée par l’Élysée. Pour FO il n’est pas négociable de toucher à l’âge légal de départ à la retraite ni à la durée de cotisation. Pour les questions financières « prenons le temps d’en discuter, nous avons plein de propositions en la matière » a affirmé Jean Claude Mailly, secrétaire général de FO

2) Comité Confédéral National (CCN)

C’est assez inhabituel pour le souligner, le Comité Confédéral national de la CGT-FO réuni les 31 mars et 1er avril dernier a voté à l’unanimité une résolution, à l’issue de ses travaux, confirmant ses principales revendications et particulièrement dans le débat sur les retraites qui s’engage. Il rejette catégoriquement tout allongement de la durée de cotisation et de recul de l’âge de départ. Il rejette aussi toute remise en cause du statut général de la fonction publique et du code des pensions. Il en appelle aux salariés et à leur mobilisation pour faire barrage aux projets gouvernementaux. Il se déclare prêt à prendre toutes ses responsabilités dans tous les cas de figure. Sans confondre action commune et unicité syndicale, le CCN réaffirme sa proposition, déjà faites, aux autres organisations syndicales d’un appel à une grève franche interprofessionnelle de 24 heures pour obtenir satisfaction.

3) Appel confédéral

La semaine dernière, Jean Claude Mailly s’est adressé à tous les secrétaires généraux et Présidents de confédérations syndicales pour proposer un appel commun à 24 heures de grève interprofessionnelle au moment opportun. Cette démarche n’est pas nouvelle et confirme nos appels d’après le 19 mars 2009 quand plus de 3 millions de manifestants étaient descendus dans la rue. Réussir une telle initiative placerait le gouvernement dans une situation délicate s’il ne répondait pas aux attentes alors que le pays aurait été « bloqué » pendant 24 heures. Il prendrait alors un risque important. L’état des réponses à ce jour conduit Solidaires à être en total accord sur la proposition. Bernard Thibaut botte en touche et préfère promouvoir le syndicalisme rassemblé derrière la CGT et sa « stratégie ». C’est un choix ! Les travailleurs jugeront ! Pour autant la proposition reste sur la table.